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mercredi 29 mai 2013

L'impact de la consommation de viande sur l'odeur corporelle... et l'attirance!

Jeremie63, Wikicommons
Saviez-vous que vos préférences alimentaires ont une influence sur votre odeur corporelle et sur l'attirance que ressentent les gens envers vous? Un article scientifique publié dans la revue Chemical Senses en 2006 présente les résultats étonnants d'une étude faite au département d'anthropologie de l'université Charles, à Prague.  Voici une traduction libre du résumé de la recherche:

" L'individualité de notre odeur provient partiellement de notre individualité génétique, mais des facteurs écologiques comme nos habitudes alimentaires sont une autre source importante de variations de l'odeur corporelle. Cependant, nous savons peu de choses sur la façon dont des composantes précises de notre alimentation peuvent transformer notre odeur corporelle. Nous avons testé l'effet de la consommation de viande rouge sur l'attractivité (sic) de l'odeur corporelle. (...) Dix-sept donneurs d'odeurs se sont fait assigner une diète carnivore ou végétarienne pendant 2 semaines. Ils ont porté des coussins axillaires pour récolter leur odeur corporelle pendant les dernières 24h de leur diète. Les échantillons d'odeur ont été évalués afin de voir s'ils étaient agréables, attirants, masculins ou intenses par 30 femmes n'utilisant pas de contraceptifs hormonaux. Nous avons répété la même procédure un mois plus tard avec les mêmes donneurs d'odeurs, chacun d'entre eux suivant le régume alimentaire opposé (les carnivores étaient cette fois-ci sur la diète végétarienne, et vice-versa.) Les résultats des mesures ont indiqué que l'odeur des donneurs suivant une diète végétarienne était jugée significativement plus agréable, plus attirante et moins intense. Les résultats suggèrent que la consommation de viande rouge a un impact négatif sur la perception qu'ont les autres de notre odeur corporelle."*

Si vous cherchiez une autre raison de devenir végétarien, la voilà! Votre odeur sera plus attirante...!!!!

Sans blague, je trouve cette étude très intéressante puisqu'elle illustre que la virilité et la masculinité associée par les hommes à la consommation de viande rouge est complètement culturelle et pas du tout physiologique. Pas besoin de manger un gros steak pour être un "vrai" homme! On l'entend souvent, cet argument là... maintenant, on pourra leur dire: "Ah oui? Pendant que vous mangez votre gros steak entre hommes, les filles fantasment sur les végétariens!!!" Bon, c'est une grosse généralité... mais ça clouera peut-être le bec à certains machos!

* Havlicek, J., & Lenochova, P. (2006). The effect of meat consumption on body odor attractiveness. Chemical Senses, 31(8), 747-752.

dimanche 24 mars 2013

Céréales, riz, shampooing, etc.

Silence sur ce blogue depuis quelques semaines! J’ai eu des journées longues et difficiles au boulot dernièrement. Le soir, j’avais envie d’être n’importe où SAUF devant un ordinateur! En plus, j’ai eu des douleurs au dos liée à ma position assise au travail (et à mon inactivité, il faut l’avouer.)Et puis j’ai atteint un creux dans ma motivation. Un gros creux.
Depuis des mois, nous avons modifié notre alimentation. Nous sommes végétariens et cela restera ainsi. Être végétarien, au bout du compte, ce n’est pas difficile. Une fois qu’on a trouvé une bonne série de plats appréciés par toute la famille, on ne se pose plus trop de questions une fois venue l’heure du souper. Mais… (il y a toujours un mais!)… que faire lorsqu’on est écoeuré de sa journée et qu’on a pas envie de cuisiner? La plupart des plats préparés contiennent de la viande. Commander du resto? À Rimouski, les restos proposant quelques choix végétariens se comptent sur les doigts d’une main. Et puis c’est dispendieux et pas de chance, ces temps-ci, on essaie de dépenser le moins possible. Oui, il y a les escalopes et les croquettes de faux poulet. Mais on en fait vite le tour.  Ces derniers temps, j’étais plutôt découragée par le peu de choix végétariens offerts aux familles pressées. On aimerait tous ça, avoir le temps de popoter… mais la réalité est souvent bien différente.  En ces semaines difficiles, nous aurions eu bien besoin de facilité dans la cuisine.
Et puis, j’ai lu cet article sur la nourriture contenant de l’arsenic (barres tendres et lait pour bébé, entre autres.) Oui, la nouvelle ne date pas d’hier. Mais je réalise tout à coup que ce qui contenait de l’arsenic dans ces préparations, c’était le sirop de riz brun biologique. Le riz brun bio absorberait davantage l’arsenic (présent naturellement) et les substances toxiques contenues dans le sol. Et qu’est-ce qui se trouve dans presque tous les produits préparés bio?! DU RIZ BRUN! J’ai lu les ingrédients de nos boîtes de céréales bio en fin de semaine : le premier ingrédient, dans TOUTES nos boîtes, est de la farine de riz brun bio…  Alors qu’est-ce que j’achète, maintenant? Si je comprends bien, j’ai le choix entre des céréales bio avec du riz brun contenant peut-être de l’arsenic ou d’autres substances toxiques, ou des céréales régulières bourrées de mais transgénique ayant causé des décès et des cancers à des rats de labo? Wow! Comment est-ce que je suis supposée faire le meilleur choix pour ma famille?
Mon chum m’a aussi confié être parfois perplexe à l’épicerie devant les choix offerts. Entre des carottes traditionnelles cultivées au Québec et des carottes bio des États-Unis, qu’est-ce que je devrais choisir?, m’a-t-il demandé. Je lui ai répondu spontanément celles du Québec, en pensant que leur empreinte carbone serait beaucoup moins grande. Mais c’est quand même encourager une agriculture utilisant des pesticides… Le choix n’est pas si évident.
Notre quotidien a aussi été ponctué de visites familiales. Et j’ai vécu une petite déception à ce sujet. À la maison, nous utilisons des barres de shampooigng Lush. Elles sont géniales car elles permettent d’éviter de gaspiller des bouteilles de plastique une fois par mois, dès que la bouteille de shampooing est vide. Elles sont composées d’ingrédients naturels, durent longtemps et en plus elles moussent! (ce qui n’est pas toujours le cas des shampooings plus naturels.) Évidemment, j'ai expliqué à notre visite que nous avions de bonnes barres de shampooing (dont j’ai vanté les mérites), mais qu’il me restait aussi un fond de TrèsEmmé du temps où je ne me souciais pas de ce que je me mettais sur la tête. Devinez ce qu’ils ont choisi? La bouteille de TrèsEmmé. Alors que je venais de leur expliquer pourquoi nous n’utilisions plus de shampooings ou de savons industriels. Ça m’a tellement découragé! Cela peut signifier deux choses : ou bien je passe pour une grano qui raconte n’importe quoi, ou bien l’habitude est plus forte que tout. Je sais que l’inconnu fait peur.  Je le comprends. Changer de travail, changer son alimentation du tout au tout, déménager, ça fait peur. Mais ESSAYER UN SHAMPOOING DIFFÉRENT????? Est-ce si insécurisant?
Ah, je vous jure, je ne suis pas l’écolo la plus joyeuse ces temps-ci. Évidemment, le but de ce blogue, c’est  de se concentrer sur le positif et de proposer des petits changements au jour le jour. Alors je continuerai de vous proposer de petites choses… en espérant faire une petite, minuscule, microscopique différence.


dimanche 6 janvier 2013

Le gaspillage alimentaire

Pendant la période des fêtes, le journal La Presse a publié des articles sur le gaspillage alimentaire. Il semblerait que nous allons en parler de plus en plus, car moins de gaspillage permettrait de nourrir plus de personnes sur la planète, avec la même production que nous avons actuellement. J'ai lu, notamment, cet article sur les dates de péremption et un autre sur les gratuivores.


J'ai trouvé cela extrêmement intéressant, parce que je gaspille, moi aussi. Beaucoup. Je gaspille quand je jette de la nourriture achetée impulsivement et que ni moi ni mon chum m'avons pris le temps de cuisiner. Je gaspille quand je lève le nez sur un yogourt dont la date de péremption approche. Je viens d'une famille où la cuisine se faisait de façon très "propre". On mettait du Saran Wrap sur tout ce qui n'était pas consommé immédiatement, sur nos doigts pour beurrer les plats, on jetait tout ce qui était dans le frigo depuis un peu trop longtemps, même si ce n'était pas périmé du tout. Mon chum, lui, fait le contraire: il mange des plats qui sont au frigo depuis plus de deux jours sans s'inquiéter dans indigestions possibles et il se fiche complètement des dates de péremption. Lire sur le gaspillage alimentaire et apprendre que non, le yogourt n'est pas mauvais dès qu'il dépasse sa date de péremption, cela m'amène à me questionner sur mes pratiques. Je devrais être moins rigide sur les dates de péremption, et me fier davantage à mes sens pour déterminer si un produit est bon ou non.

La meilleure preuve pour le gaspillage causé par les dates de péremption, c'est le lait. On vérifie toujours la date sur la petite attache de plastique, ce qui est normal. Mais moi, je vérifie plusieurs attaches de plastique pour trouver la date la plus éloignée, quitte à prendre un sac de lait tout au fond (je suis certaine que je ne suis pas la seule à faire ça!) Cela pourrait être logique et correct si on consommait peu de lait à la maison. Mon chum et moi en buvons peu, mais mes enfants ( 1 an et 3 ans), en boivent très souvent. Ce qui fait qu'au bout du compte, ça ne me sert à rien d'acheter le lait avec la date de péremption la plus éloignée: de toute façon tout sera bu d'ici la prochaine épicerie, et parfois même avant! Tout cela vient du marketing: on veut ce qui est le meilleur, ce qui est le plus frais... mais si tout le monde fait comme moi, le nombre de sacs de lait qui sont jetés car non consommés avant la date doit être terrible! Maintenant que j'y pense je vais essayer de déconstruire cette habitude...

Je suis aussi fascinée par les gratuivores, ceux qui se nourrissent en allant piger dans les poubelles des marchés ou des épiceries des aliments jetés même s'ils sont encore bons. Je me demande s'il y a des gens qui font cela à Rimouski. Je trouve cela admirable, parce que cela permet d'éviter la perte de nourriture encore consommable. En même temps, je ne m'imagine pas grimper dans une benne à ordures et dire à ma fille: "Regarde, maman a trouvé des belles tomates!" C'est paradoxal. J'aurais pu faire cela, jeune et militante. Mais maintenant, avec les enfants, je ne sais pas. J'aurais l'impression que je leur donne des aliments moins bons même si je pourrais en acheter de plus frais. Je sais, je sais, c'est encore la pub et le marketing qui me rentre cela dans le crâne. Mais c'est dur de s'en défaire à ce point...

Dans le documentaire Un repas végé, j'ai appris qu'à l'Université Laval, une association qui fait la promotion de l'alimentation végétarienne et végétalienne, Le collectif de minuit, offre, chaque semaine, un repas végétalien gratuit devant la cafétéria pour les étudiants et le personnel de l'Université. Les repas sont concoctés avec des aliments qui seraient jetés par des organismes (j'imagine qu'ils ont pris une entente avec des épiceries ou organismes particuliers.) Cette idée est géniale! Quelle belle façon de sensibiliser au végétarisme! Je trouve cela très inspirant.


mardi 18 décembre 2012

Guide de survie du nouveau végétarien à l'approche du temps des Fêtes

Je suis végétarienne depuis près d'un an et demi maintenant. J'ai cessé de manger de la viande lorsque j'étais enceinte de mon deuxième enfant. L'odeur et le goût de la viande me dégoûtaient complètement, comme c'est parfois le cas pendant la grossesse. Pendant la dernière période des Fêtes, j'ai donc mangé plus d'accompagnements que de dinde et de ragoût. Mais comme j'étais enceinte, cela n'a choqué personne. On ne peut reprocher à une femme enceinte d'avoir des dégoûts: généralement cela fait rigoler les gens, qui en profitent pour nous parler de leurs propres goûts et dégoûts de grossesse, ou de ceux de leur femme. Cette année, ce sera nos premières vacances de Noël en tant que végétariens. Comme nous ne sommes certainement pas les seuls dans cette situation, je vous propose un petit guide de survie pour nouveaux végétariens.


De tes choix alimentaires, à l'avance tu aviseras.
Notre lien avec la nourriture est affectif. Il est donc normal que l'annonce de votre végétarisme suscite des réactions passionnées. En avertissant vos proches à l'avance, vous leur laissez le temps d'y penser avant les Fêtes et minimisez le risque de confrontations. Vos hôtes auront aussi le temps de modifier leur menu, si nécessaire, sans se sentir coincés dans le temps. Avertir les gens à l'avance est une marque de respect envers eux. Cela ne vous dérange peut-être pas de manger beaucoup de patates et de canneberges dans un repas, mais vos hôtes seront peut-être mal à l'aise de l'apprendre tardivement et de ne pas vous voir participer au festin. Noël, c'est une fête de partage, et le fait de ne pas vouloir partager la nourriture que des êtres aimés ont fait pour nous peut même être insultant pour certaines personnes.

De cruauté animale, autour d'une dinde tu ne discuteras pas.
Le végétarisme est encore un choix hors norme. Il se peut qu'à table, des curieux vous questionnent sur vos motivations. Mais de grâce, ne parlez pas des animaux dépecés encore vivants ou de l'intelligence du cochon en plein milieu du repas! Cela intéresse peut-être une ou deux personnes, mais certainement pas toute la tablée. Et surtout pas en mangeant! Si quelqu'un vous presse de questions, répondez-lui que vous en discuterez avec lui après le repas. Vos hôtes vous en seront vraiment reconnaissants!

Les choix des autres, tu ne dénigreras pas.
Adopter une alimentation végétarienne est un choix personnel. Nous souhaitons tous que cela devienne un jour un choix collectif, pour le bien de la planète. Mais on ne peut pas forcer les gens à changer leurs habitudes si ça ne les intéresse pas. Je trouve que ceux qui font une promotion agressive du végétarisme nuisent parfois à leur cause, parce qu’ils passent pour des extrémistes. Il est très facile d’être étiqueté lorsque nos choix ne sont pas ceux de la majorité. Mais lorsque les gens nous trouvent extrêmes, ils n’écoutent plus nos idées puisqu’elles leur paraissent dénuées d’objectivité. Selon moi, la meilleure façon de parler du végétarisme, c’est en utilisant abondamment le « je ».  Par exemple, entre : » JE suis végétarienne parce que JE ne me sentais pas à l’aise avec les conditions de vie des animaux d’élevage. » et « C’est vraiment dégueulasse ce qu’ils font aux animaux! Les gens qui mangent de la viande produite de façon industrielle sont complices de la cruauté animale », qu’est-ce qui est le moins menaçant? Utiliser le « je » est aussi moins moralisateur.  Et vos idées feront quand même du chemin…
De la bonne bouffe, tu apporteras.
Je suis d'accord avec le chef Luc Racine qui dit, dans son livre Végé: gastronomie végétarienne, que la meilleure façon de sensibiliser les gens au végétarisme, c'est en leur cuisinant de la bonne bouffe! Parfois, les plats parlent plus que les actes... Pourquoi ne pas profiter du temps des Fêtes pour offrir de belles tourtières végétariennes à vos proches? Si vous êtes vegan, lancez-vous dans la préparation de décadents cupcakes au chocolat... et souriez lorsque votre tante s'exclamera: "Hein! Y'a pas d'oeufs là-dedans?!?"

En tout temps, tu te respecteras.
Vous ne voulez sûrement pas froisser les gens que vous aimez en devenant végétarien. Mais ne vous forcez pas à manger de la viande pour éviter de les froisser non plus. Ce qui les choque aujourd’hui deviendra normal pour eux dans quelques temps. Si vous avez choisi le végétarisme, c’est que vous aviez envie de poser des actions concrètes dans le respect de vos valeurs. Même s’ils ne sont pas d’accord avec vous, ils respecteront certainement votre intégrité. Soyez fiers de vous!